COVID-19 : Quels impacts pour l’économie collaborative et du partage ?

Les consommateurs restent chez eux, les sociétés ne fournissent plus ou beaucoup moins, et les logistiques sont au ralenti. Comment l’échange de produits et services entre personnes peut-il se poursuivre ? Beaucoup pensent que comme dans d’autres secteurs, le fonctionnement de l’économie du partage est à repenser après l’épisode COVID-19. Ce domaine a-t-il toujours un avenir aussi radieux que ce qu’on lui promettait en 2019 ?

Craintes sanitaires réduisant les contacts entre personnes

Les mesures du gouvernement visant à réduire les déplacements seront progressivement levées. Toutefois, les règles de distanciation sociale restent encore floues, et varieront sans doute selon les lieux et contextes : Type de magasin, facilité à agir “sans contact”, et espacement pour la circulation entre les personnes.

Des marquages au sol comme sur des pancartes ont fait leur apparition dans de nombreux établissements. L’effet sur la fluidité des flux de personnes, et sur leur rapidité à agir, à choisir au sein du magasin peut s’évaluer.

Impact des contraintes pour la santé sur le comportement d’achat

Tout en choisissant un produit, le consommateur veille à éviter les contacts, et ses pensées sont moins tournées vers ses courses en cours. D’un autre côté, certains clients auront prévu une liste de courses – qu’ils ne font pas forcément en temps normal – et se déplaceront moins aléatoirement dans le magasin. Est-ce que cette situation d’empressement facilite l’achat compulsif et la réceptivité face à une bonne affaire proposée ? Ou bien au contraire nourrit-elle une méfiance et braque le consommateur vers l’essentiel à acheter pour son ménage ?

Ces considérations que les grandes surfaces et commerces plus modestes ont déjà observées agissent sur les types de produits achetés et leurs quantité par les clients. De fait, une variation sur les produits alimentaires achetés, dans leur catégorie, leur qualité, et leur quantité poussera les grandes surfaces à modifier leur offre et leur merchandising.

En parallèle de cela, les marchés alimentaires ont dû fermer leurs portes, mettant en pause le commerce de nombreux producteurs locaux. La configuration des systèmes d’approvisionnement, la gestion des circuits longs et courts est à revoir.

Remise en question du zéro stock et approvisionnements moins fréquents

Un magasin de proximité a besoin d’être livré en produits et diverses denrées régulièrement, parfois chaque semaine. Désormais, les fréquences de livraison devront se réduire. De la même façon, la fréquentation du commerce sera amoindrie par le déplacement encore timide des personnes.

Comment s'organiser pour la distribution de la nourriture ?
Comment s’organiser pour la distribution de la nourriture ?

En cette période de doute, les commerçants devront constamment évaluer la capacité d’écoulement de leurs stocks et l’ajuster au mieux. Si la question repose surtout sur la phase juste après le déconfinement, les semaines et mois qui suivront devraient logiquement amener à une augmentation progressive de la venue des clients.

Mais la logistique sera-t-elle capable de suivre ce retour en force de l’activité et des besoins des consommateurs ?

Industrie et livraison de produits alimentaires

Celle-ci s’est rapidement organisée dans le secteur alimentaire. Des plateformes numériques à l’instar de Pagachey ont mis en avant leurs offres et demandes de biens et services alimentaires.

La centralisation et la mutualisation des moyens (équipements de transports, lieux de stockage) facilitent les actions de chacun. Enfin, des partenariats locaux avec les associations, banques alimentaires et réseaux militants maintiennent le lien entre la production agricole et la distribution aux consommateurs.

Pour minimiser les contacts entre personnes, à côté de la vente directe aux consommateurs dans les lieux dédiés, ouverts en urgence (salles municipales, AMAP) et chez des commerçants sécurisés, la vente a distance et les services de livraison à domicile aident les personnes ne préférant pas se déplacer. Un risque porte particulièrement sur ce type de livraison où les gestes barrières doivent être strictement respectés, au risque d’être un propagateur fort du virus.

Solutions de repli pour s’approvisionner en nourriture

Au même titre que pour d’autres catégories de produits, l’alimentaire risque de voir ses prix augmenter. Des études dans divers supermarchés ont déjà indiqué que ces hausses étaient bien réelles, surtout pour les fruits et légumes. En tant que consommateur, comment réagir à chaud fasse à cette hausse soudaine des prix ?

Réduire sa consommation, porter davantage d’intérêts aux alternatives, telles que les solutions anti-gaspi, ou encore s’adresser à des associations solidaires viennent souvent à l’esprit.

Malheureusement, le corps associatif français, touché de plein fouet par la crise sanitaire et économique, est en berne depuis plusieurs semaines.

Le tissu associatif continue le combat

La violence de cette crise entraîne un fort ralentissement des aides alimentaires fournies par des associations. Parmi celles-ci, il y en a qui réussissent à s’en sortir, et à fournir des solutions aux besoins alimentaires à l’échelle locale.

Le Mouvement associatif, le RNMA, la direction de la Jeunesse de l’ Éducation populaire et de la Vie associative et avec l’appui de Recherches & Solidarités ont réalisé une enquête “#COVID 19 : quels impacts sur les associations ?” entre le 20 mars et le 7 avril 2020.

Un arrêt brutal remonté par 16 000 associations ayant fait part de leur retour, traverse aujourd’hui le pays. 65% ont arrêté leur activité en attendant une possible reprise, 81% des assos en France ont dû annuler des évènements déjà planifiés, et seulement 23% s’en sortent pour faire perdurer leur activité.

Poursuivre l’effort avec résilience

Entre la capacité à s’approvisionner, le comportement des clients, et la gestion du personnel, la fluctuation de l’offre de produits excédentaires au sein des commerces alimentaires mettra du temps à se stabiliser. Des associations, AMAP et autres structures se sont agencées pour permettre la continuité du lien producteur – consommateur. Sur un plan général, même si la machine national survit, l’amoindrissement des volumes entraîne fatalement une baisse des revenus. Les systèmes de partage alimentaires doivent couvrir leur frais de structure, mais combien de temps tiendront-ils ?

Pour les personnes faisant appel au solutions de partage entre personnes, veillez à toujours respecter les gestes barrières.