Ce que font les grandes enseignes en France contre le gaspillage alimentaire

Voilà maintenant deux ans que la loi Garot a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la grande distribution.
Cette loi a été présentée par Guillaume Garot, un député socialiste de la Mayenne. La loi a été présentée dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Elle interdit les grandes enseignes telles que les magasins, de rendre impropres à la consommation, leurs invendus. Suite à cette loi, certaines actions en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire ont été réalisées. Évoquons les solutions adoptées par les grands magasins afin de répondre à ce texte du 11 février 2016.

Des contrats avec des organismes caritatifs

Le don aux associations a été le premier adopté par les grandes enseignes afin de lutter contre le gaspillage alimentaire.

De plus, la loi de Garot exige que toutes les grandes surfaces doivent donner leurs invendus à des associations caritatives. En effet, actuellement 94 % des enseignes interrogées pratiquent déjà les dons. Cependant, 55 % de ces magasins ne sont pas collectés tous les jours.

Sans ramassage de la part des associations bénéficiaires, ils sont obligés de jeter les produits frais.
Pour le ramassage, une équipe spéciale est chargée de collecter les produits, dont la date de péremption arrive bientôt à échéance. Cette collecte s’applique également aux articles qui ont des emballages endommagés.

Ce geste est également bénéfique pour ces grandes entreprises. En effet, les dons aux associations leur permettent de profiter d’une réduction d’impôt de 60 %.

Actions des grandes enseignes contre le gaspillage alimentaire

Une gestion des stocks

Outre le don aux associations caritatives, un grand nombre de magasins ont décidé de mettre en place une meilleure gestion des stocks pour lutter contre le gâchis. 98 % de ces enseignes ajustent leurs commandes en fonction des historiques des ventes. Pour cela, ils ont installé des logiciels de commande qui s’adaptent parfaitement à leurs commandes. D’autres ont tout simplement décidé de réduire les nombres de produits présentés en rayons.

Une formation antigaspi

Plusieurs solutions ont été adoptées par les grandes distributions afin de lutter contre les pertes. Parmi ces dispositifs, on peut citer la formation antigaspi. Plus de 52 % de ces entreprises organisent des formations au sein de leurs équipes.

Afin de mener à biens les formations, certains ont décidé de faire appel à des coachs spécialisés. Le but est de mettre en place des axes d’amélioration anti-gaspillage. Ces coachs ou ces responsables de qualité accompagnent également le personnel afin de les aider dans la mise en œuvre des solutions. Rappelons que comme les particuliers, les commerçant peuvent aussi déposer leurs stocks d’invendus sur Pagachey.

Une sensibilisation de la clientèle

La lutte contre le gaspillage ne s’arrête pas au don, à la gestion de stocks ou à la formation antigaspi. Les magasins ont également choisi de mener des actions à destination de leur clientèle. La réalisation d’une animation de sensibilisation permet à ces grandes enseignes de montrer aux clients les astuces à suivre afin de limiter les gâchis. Durant ces animations toute l’équipe propose à la clientèle des astuces et des recettes anti-gaspillage.

Le stickage comme marqueur visuel

Il y a également ce qu’on appelle le stickage. Cette méthode est adoptée par plus de 92 % des grandes surfaces. Le but de cette solution antigaspi est de mettre des étiquettes très visibles sur les produits frais.

Écoulement des produits moins jolis

Afin de lutter contre le gaspillage alimentaire, d’autres enseignes ont également décidé de mettre en place des démarches originales et efficaces. Certaines consistent à mettre en vente des fruits et des légumes présentant des défauts d’aspect ou hors calibre. Une charte pour remiser de 30 à 40 % les produits à date courte est par ailleurs proposée par les grands magasins afin de répondre à la loi de Garot.

Actuellement, ces initiatives sont de plus en plus prisées par les grandes enseignes telles que Monoprix, E. Leclerc, Cora, Carrefour, etc.

Impliquer l’ensemble de l’écosystème alimentaire

Deux ans après la loi Garot, on peut constater une baisse de perte dans les grandes surfaces. Cependant, des efforts restent encore à faire. Afin d’aider ces magasins, une collaboration avec des spécialistes de la collecte, avec des logisticiens et avec des agriculteurs doit être réalisée.

Il est en outre important de savoir que la lutte contre le gaspillage alimentaire est à la portée de tous. Pour être dans la bonne voie, l’indispensable est d’adopter les bons gestes. Un grand nombre de sites proposent actuellement des astuces, des conseils et même des recettes afin de limiter les pertes. En effet, tout comme pour les grandes surfaces, la responsabilité des consommateurs est engagée dans cette lutte contre le gaspillage.

Une étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie ou de l’Ademe a montré que 14 % des gâchis sont issus des grandes surfaces, 33 % des consommateurs, 32 % des producteurs et 21 % des transformateurs.